Publié par : carotdm | 10 janvier 2008

Vientiane, 8 ans après…

Octobre 1996.
Lorsque le petit coucou de Lao Aviation sort le train d’atterrissage j’ai la tête collée sur le hublot et ne peux m’empêcher de croire qu’on va s’écraser au beau milieu des rizières. C’est seulement à la dernière minute que j’aperçois la ridicule piste d’atterrissage. L’aéroport international de Vientiane, quant à lui : une sorte de hangar amélioré !!! Je crois rêver ! Je passe la douane avec mon passeport de service et récupère mes bagages sur le petit tapis roulant poussiéreux. André Limon, le conseiller culturel de l’ambassade de France m’accueille. Son chauffeur nous attend. Il démarre… Ca y’est je suis bel et bien arrivée au Royaume du million d’éléphants. J’ai les yeux tout écarquillés et me demande à quoi ressemble cette capitale dans laquelle je viens m’installer pour au moins un an. Je mets un temps à comprendre qu’on est déjà en plein cœur de la ville…
« Mais, il est où le centre ville ??? »
Ma naïveté de jeune étudiante parisienne fait déjà craquer Ze conseiller culturel : « Ma chère demoiselle, vous y êtes… Nous sommes dans la dernière capitale du monde qui ressemble encore à un village… J’ai bien peur que vous ne vous y ennuyez mais je ferai mon possible pour rendre votre séjour agréable ! ».

Quelques jours après je prenais mes fonctions à l’Université de Dong Dok en tant que professeur de français… puis emménageais dans une petite maison en bois sur pilotis en bordure des rizières avec Ting, une jeune lao… Quelques mois plus tard, je mangeais du riz matin midi et soir et ne comptais plus le nombre de piments qui accompagnaient mes repas, je parlais local et me sentais comme un poisson dans le Mékong, ici à Vientiane.
Un an après, à défaut de pouvoir me demander en mariage, le conseiller culturel me proposa de rester au Royaume du million d’éléphants pour prendre la place d’un coopérant qui se libérait. Je n’ai pas longtemps hésité, suis rentrée en France faire mes 3 jours pour revenir à Vientiane sous le grade de « CSNette » !

Août 1999.
3 ans plus tard, Vientiane n’a pas beaucoup changé mais c’est d’un aéroport international tout flambant neuf que je quitte la capitale… les larmes aux yeux. 3 ans au Laos, ça ne s’oublie pas.

Vientiane 8 ans après…
C’est avec plein d’émotion que je débarque ici. J’ai peur de ne plus rien reconnaître ! Vientiane 8 ans après comme dit « le grand brun » qui se reconnaîtra, est passée de l’état de village à celui d’une vraie ville.
La circulation est plus dense et beaucoup de nouveaux bâtiments ont été construits. Oui c’est vrai, Vientiane a l‘aspect d’une petite capitale maintenant, mais les changements sont plutôt agréables comparés à Louang Prabang. La ville est devenue bien plus propre, toutes les routes ont été refaites et il n’y a plus de poussière.

Je suis un peu perdue le premier jour, mais je retrouve vite mes marques grâce à Sengmany qui me fait faire le tour de la ville en scooter.
Je suis tellement heureuse de démarrer l’année ici, de retrouver tous mes amis qui ne m’ont pas oubliée, de boire de la bière lao au bord du Mékong qui est déjà presque à sec, et de retrouver l’ambiance unique de cette ville où il fait si bon vivre…


Réponses

  1. Je me souviens moi aussi de ce village poussiéreux et si charmant. Le premier mot que j’ai appris avec toi, c’était « kifoun laï » ( la poussière ). Je me souviens de doudou qui s’est fait courser par un buffle en moto, et je me souviens surtout de nos namac nao au bord du mékong, au couché du soleil. Je compte sur toi pour aller boire notre citron pressé dans notre petit boui boui sur pilotis, en souvenir de ces magnifiques moments partagé avec doudou et toi. Je t’aime, pompom

  2. J’ai un petit bout de mon coeur à Vientiane, et je suis heureuse de te lire Caroline… Je trouve que tu fais un excellent reporter (si si, très objectivement) et le nombre de fans qui te lisent le prouve ! Avec toi, on voyage de façon très vivante, on s’y croit presque et c’est bon !
    Allez je file sur Planete urgence pour voir quelle sera ta prochaine mission humanitaire…
    Love
    Mam

  3. zut, a faire la grasse mat, je me suis fais doubler par les frangines (la tienne et la mienne !)
    Quel plaisir de t’imaginer là-bas. Si tu loues un vélo, oseras-tu te faire tirer par par Sengmany ??? Mais si il n’y a plus de nids de poule, le sport sera moins risqué ! Que de fou-rire et de tendresse partagée, sans parler de la tisane Kodak au bord du Mékong, sur la terrasse… Bo pe niang, tu es bien avec moi, mais maintenant, je veux des photos, c’est trop frustrant de ne rien voir en vrai, même si tu racontes trop bien.
    Bises
    NOUNOU

  4. youpi !! J’ai reçu ta carte de Birmanie! 2 petits massages pour ma caline cherie.
    CIELLA

  5. chère caro, ton blog est super, c’est par nounou que j’ai eu cette infomation. je te souhaite mille jours joyeux pour cette nouvelle année 2008. tu me donne l’envie de refaire un long voyage, car les voyages et les rencontres exceptionnelles que l’on peu vivre sont enfoui pour toujours dans ton âme. de plus, c’est par le voyage que la vision du monde devient plus pertinente. Alors, bon vent… et que les dieux soient avec toi…bises

  6. avant de lire les commentaires des autres qui me perturbent toujours …sais moins bien dire, sais pas si bien dire, suis un peu nulle …aussi je ne me laisse pas influencer , je cafarderais toute seule aprés …si besoin est !!! bref, je me demande toujours s’il faut retourner dans un lieu que l’on a aimé, puis, je me dis que ce n’est jamais pareil et que l’on ne peut pas se faire trop mal, dans un lieu qui nous a rendu heureuse …je vois que c’est quand même le cas, même si les sites et lieux sont différents, nous aussi d’ailleurs, mais le lieu nous plaît par ce que l’on y améne et ce que l’on reçoit comme amitié, compétence …minute philosophique …bon démarrage 2008 au Laos ton pays chéri grios bisoux kriss

  7. c’est génial de te suivre ainsi et si agréable !! merci. bon, je vois que pour ici c’est moins dur à voir le changement. pas possible pour moi d’évoquer de doux moments avec toi, les tiens et ceux qui ont eu la chance d’être allé te voir là bas : je reste avec ma frustration !!!! mais l’essentiel étant toi alors, profites, respires, ris comme tu sais si bien le faire !!!
    tina


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